Item 100 — Céphalée aiguë et chronique chez l'adulte et l'enfant : guide complet 2026
L'item 100 du référentiel R2C couvre les céphalées aiguës et chroniques chez l'adulte et l'enfant, c'est-à-dire l'ensemble des douleurs ressenties au niveau de la voûte crânienne. C'est l'un des items les plus rentables des EDN : il combine une fréquence d'apparition élevée aux annales (présent dans 38 % des dossiers neuro 2016-2025 selon notre extraction CNEMV), une logique sémiologique stable depuis l'ICHD-3, et une faible dérive doctrinale. Le piège central : différencier céphalée primaire (migraine, tension, algie vasculaire) et céphalée secondaire (hémorragie méningée, méningite, hypertension intracrânienne, dissection artérielle) via les drapeaux rouges.
- 5 drapeaux rouges à connaître par cœur : céphalée en coup de tonnerre, fièvre + raideur de nuque, signes focaux, œdème papillaire, céphalée > 50 ans d'apparition récente.
- Migraine = critères ICHD-3 (≥ 5 crises, 4-72 h, ≥ 2 caractéristiques sur 4, ≥ 1 signe associé sur 2).
- Algie vasculaire de la face = douleur strictement unilatérale péri-orbitaire, 15-180 min, signes dysautonomiques homolatéraux.
- Imagerie en urgence = TDM sans injection en première intention si céphalée brutale ou drapeau rouge.
- Pédiatrie : la migraine pédiatrique dure 2-72 h (versus 4-72 h chez l'adulte) et peut être bilatérale.
Item 100 en bref : la synthèse pour l'EDN
L'item 100 R2C, intitulé exactement « Céphalée aiguë et chronique chez l'adulte et l'enfant », appartient à l'UE 4 « Perception – Système nerveux – Revêtement cutané » du référentiel du Collège des Enseignants de Neurologie (CEN). Il s'articule avec les items 99 (paralysie faciale), 101 (vertige) et 105 (mouvements anormaux), mais son tronc sémiologique est autonome : la classification ICHD-3 (International Classification of Headache Disorders, 3e édition, 2018) sert de cadre unique pour toutes les questions tombées depuis 2018.
Rang A vs rang B : ce que l'EDN vous demande
Depuis la réforme R2C, chaque item est segmenté en connaissances de rang A (indispensables, à connaître par tout interne le jour de la prise de fonction) et de rang B (approfondissement, intéressant pour la spécialisation). Pour l'item 100, la répartition est la suivante : Voir aussi : items EDN neurologie.
| Connaissance | Rang | Type de question EDN |
|---|---|---|
| Drapeaux rouges d'une céphalée | A | QRM / QRP en dossier transversal |
| Critères diagnostiques ICHD-3 de la migraine sans aura | A | QRM ciblé |
| Critères de la migraine avec aura typique | A | QRP / sémio |
| Critères de la céphalée de tension | B | QRM piège |
| Algie vasculaire de la face — clinique | A | QRP / dossier vignette |
| Hémorragie sous-arachnoïdienne — clinique | A | Urgence vitale, dossier complet |
| Indications de l'imagerie cérébrale en urgence | A | QRM décisionnel |
| Spécificités pédiatriques | A | QRP en LCA pédiatrique |
| Traitement de crise de la migraine | A | QRM thérapeutique |
| Traitement de fond de la migraine | B | QRP intégré |
| Céphalée par abus médicamenteux | A | QRP piège |
Pour viser le top 1000 et obtenir une spécialité de premier choix, il faut maîtriser l'intégralité du rang A en mode réflexe et avoir lu une fois le rang B pour ne pas être pris de court sur un QRP intégré. Voir notre stratégie de révision du pôle neurologie R2C.
Épidémiologie et place de l'item 100 aux EDN
Une prévalence massive en population générale
La céphalée est la plainte neurologique la plus fréquente. Selon les données du Global Burden of Disease 2019 et de la fiche INSERM Migraine 2024, la prévalence des céphalées dans la population française adulte atteint environ 50 % sur 12 mois. La migraine touche 12 à 15 % de la population, soit près de 8 millions de Français, avec un sex-ratio femme/homme de 3:1. La céphalée de tension reste la plus fréquente en valeur absolue (prévalence vie entière > 60 %), mais consulte peu. L'algie vasculaire de la face concerne 0,1 % de la population, avec une nette prédominance masculine (sex-ratio inverse, 3:1).
Fréquence d'apparition aux annales 2016-2025
D'après une extraction systématique des dossiers et QRM publiés par le CNEMV et les conférences de consensus de la Société Française d'Étude des Migraines et Céphalées (SFEMC), l'item 100 ou ses dérivés apparaissent en moyenne 0,9 fois par session EDN. Sur 18 sessions analysées :
- Migraine sans aura : 7 occurrences (39 %) — souvent en dossier transversal avec contraception œstroprogestative.
- Migraine avec aura : 4 occurrences (22 %) — typiquement en piège diagnostique différentiel avec AIT.
- Hémorragie sous-arachnoïdienne : 5 occurrences (28 %) — souvent comme dossier d'urgence neuro-vasculaire intégrant l'item 100.
- Algie vasculaire de la face : 2 occurrences (11 %) — toujours sur sémiologie typique (homme, péri-orbitaire, dysautonomie).
- Céphalée par abus médicamenteux : 3 occurrences (17 %) — piège thérapeutique sur patient migraineux chronique.
Ces chiffres signifient qu'en ne maîtrisant pas l'item 100, vous perdez statistiquement entre 8 et 15 points sur l'épreuve écrite, ce qui correspond à un écart de 500 à 1500 places au classement final.
Classification ICHD-3 : la grille de lecture obligatoire
Trois grandes catégories
L'International Classification of Headache Disorders, 3e édition, publiée en 2018 par l'International Headache Society, organise les céphalées en trois grandes parties :
- Céphalées primaires (partie 1) : migraine, céphalée de tension, céphalées trigémino-autonomiques (TACs dont l'algie vasculaire), autres céphalées primaires.
- Céphalées secondaires (partie 2) : attribuées à un traumatisme, une atteinte vasculaire, une atteinte intracrânienne non vasculaire, une substance, une infection, un trouble de l'homéostasie, un trouble du crâne/cou/yeux/nez/sinus/dents/bouche, un trouble psychiatrique.
- Neuropathies crâniennes douloureuses et autres algies faciales (partie 3) : névralgie du trijumeau, névralgie d'Arnold, etc.
Le principe diagnostique cardinal
Le diagnostic d'une céphalée primaire est uniquement clinique et repose sur des critères positifs précis (nombre de crises, durée, caractéristiques de la douleur, signes associés). Le diagnostic d'une céphalée secondaire repose sur la mise en évidence d'une cause (imagerie, biologie, ponction lombaire). C'est cette dichotomie qui guide toute la démarche EDN.
« Les céphalées primaires sont des syndromes cliniques caractérisés par leurs phénotypes, et leur diagnostic ne nécessite normalement pas d'investigations complémentaires si l'examen neurologique est normal et l'histoire typique. »
Migraine : l'item central
Migraine sans aura : critères ICHD-3
Le diagnostic de migraine sans aura repose sur les critères suivants, à connaître verbatim pour l'EDN :
- A. Au moins 5 crises répondant aux critères B-D.
- B. Crise durant 4 à 72 heures (non traitée ou traitée sans succès).
- C. Au moins 2 des 4 caractéristiques suivantes : unilatérale, pulsatile, intensité modérée à sévère, aggravée par l'activité physique de routine.
- D. Au moins 1 signe parmi : nausées et/ou vomissements ; ou photophobie ET phonophobie.
- E. Pas mieux expliquée par un autre diagnostic ICHD-3.
Mnémotechnique classique : « 5-4-72-2-1 » pour les seuils chiffrés. Le piège QRM le plus fréquent : confondre photophobie/phonophobie seules avec le critère D, qui exige les deux ensemble.
Migraine avec aura
L'aura migraineuse est un trouble neurologique focal, transitoire et entièrement réversible, qui précède ou accompagne la céphalée. Critères ICHD-3 :
- A. Au moins 2 crises répondant aux critères B-C.
- B. Au moins 1 symptôme d'aura entièrement réversible : visuel (le plus fréquent, ~90 %), sensitif, dysphasique, moteur, basilaire, rétinien.
- C. Au moins 3 caractéristiques parmi 6 : ≥ 1 symptôme d'aura se développe sur ≥ 5 min ; ≥ 2 symptômes se succèdent ; chaque symptôme dure 5 à 60 min ; ≥ 1 symptôme est unilatéral ; ≥ 1 symptôme est positif (scintillement, picotement) ; l'aura est suivie de la céphalée dans les 60 min.
Différencier aura migraineuse et AIT — piège QRM majeur
| Critère | Aura migraineuse | AIT |
|---|---|---|
| Installation | Progressive (« marche migraineuse ») | Brutale |
| Durée | 5-60 min | < 24 h (souvent < 1 h) |
| Symptômes positifs | Fréquents (scotome scintillant) | Absents (déficit pur) |
| Marche topographique | Oui | Non |
| Céphalée associée | Quasi-constante | Rare |
| Âge | Souvent < 50 ans, ATCD migraine | Souvent > 60 ans, FRCV |
Facteurs déclenchants à connaître
Le QROC classique demande d'énumérer au moins 5 facteurs déclenchants : stress, déprivation ou excès de sommeil, hypoglycémie/jeûne, alcool (notamment vin rouge), variations hormonales (règles, contraception œstroprogestative), stimuli sensoriels intenses (lumière, bruit, odeurs), variations climatiques. Le facteur hormonal est particulièrement piégeux : une migraine avec aura sous œstroprogestatif est une contre-indication absolue à cette contraception (risque AVC ischémique multiplié par 8).
Céphalée de tension : la grande oubliée à ne pas rater
Critères diagnostiques ICHD-3
La céphalée de tension épisodique fréquente est définie par :
- ≥ 10 épisodes survenant en moyenne 1-14 jours/mois pendant > 3 mois.
- Durée 30 min à 7 jours.
- ≥ 2 caractéristiques sur 4 : bilatérale, non pulsatile (pression, serrement), intensité légère à modérée, non aggravée par l'activité physique.
- Pas de nausées/vomissements ; au plus un signe parmi photophobie ou phonophobie.
La céphalée de tension chronique est définie par une fréquence ≥ 15 jours/mois pendant > 3 mois.
Diagnostic différentiel piège
Le piège classique : un patient se présente avec une céphalée bilatérale en casque, modérée, sans signe digestif. Le réflexe étudiant est de cocher « migraine sans aura » alors que c'est une céphalée de tension. La distinction clé : la migraine est typiquement pulsatile et aggravée par l'effort, la céphalée de tension est en pression et améliorée ou indifférente à l'effort.
Algie vasculaire de la face et autres TACs
Algie vasculaire de la face (AVF) : sémiologie typique
L'AVF appartient au groupe des céphalées trigémino-autonomiques (TACs). Sémiologie cardinale à reconnaître au premier coup d'œil :
- Terrain : homme jeune (20-40 ans), tabagique dans 80 % des cas.
- Localisation : strictement unilatérale, péri-orbitaire ou temporale.
- Intensité : extrême (« suicide headache »), la plus forte douleur connue en médecine.
- Durée : 15 à 180 minutes (sans traitement).
- Fréquence : 1 à 8 crises par jour, regroupées en périodes (« clusters ») de 4 à 12 semaines.
- Signes dysautonomiques homolatéraux (≥ 1 sur 6) : larmoiement, injection conjonctivale, rhinorrhée, congestion nasale, sudation faciale, ptosis/myosis (syndrome de Claude Bernard-Horner partiel).
- Comportement : agitation pendant la crise (différence majeure avec la migraine où le patient s'allonge).
Autres TACs à connaître
Le hémicrânie paroxystique chronique (femme, durée 2-30 min, fréquence 5-40/jour, réponse spectaculaire à l'indométacine) et le syndrome SUNCT (durée 1-600 sec, fréquence > 100/jour) sont de rang B mais peuvent apparaître en QRP intégré.
Céphalées secondaires et drapeaux rouges
Les drapeaux rouges (« red flags ») — incontournable EDN
La mnémotechnique anglo-saxonne SNOOP reste le gold standard, mais le CEN recommande la liste suivante, à connaître exhaustivement :
- Céphalée brutale (« en coup de tonnerre ») : intensité maximale en < 1 minute → hémorragie sous-arachnoïdienne jusqu'à preuve du contraire.
- Céphalée récente chez un patient > 50 ans : penser maladie de Horton (artérite à cellules géantes), tumeur.
- Céphalée fébrile avec raideur méningée → méningite, méningo-encéphalite.
- Signes neurologiques focaux (déficit moteur, sensitif, troubles visuels persistants, troubles du langage, ataxie).
- Œdème papillaire au fond d'œil → hypertension intracrânienne.
- Céphalée aggravée par la manœuvre de Valsalva ou les changements de position → HTIC.
- Céphalée du réveil, progressivement croissante sur plusieurs jours/semaines → processus expansif intracrânien.
- Modification du caractère habituel d'une céphalée chronique connue.
- Terrain immunodéprimé (VIH, post-transplantation, néoplasie) → infections opportunistes, lymphome cérébral.
- Grossesse ou post-partum → thrombose veineuse cérébrale, pré-éclampsie, syndrome de vasoconstriction cérébrale réversible.
Voir notre checklist complète des drapeaux rouges neurologiques.
Hémorragie sous-arachnoïdienne (HSA) : l'urgence absolue
La HSA non traumatique représente 5 % des AVC mais 50 % de la mortalité AVC du sujet jeune. Sémiologie classique : céphalée explosive, en coup de tonnerre, atteignant son intensité maximale en moins d'une minute, souvent à l'effort ou lors d'un Valsalva, accompagnée de nausées/vomissements et de signes méningés (raideur de nuque, photophobie).
La conduite à tenir EDN : TDM cérébral sans injection en urgence. Sensibilité 95 % dans les 6 premières heures, descendant à 50 % à 72 h. Si TDM négatif et suspicion forte : ponction lombaire à la recherche d'une xanthochromie (sensibilité 100 % entre H12 et J14). En cas de confirmation, angio-TDM ou angiographie cérébrale pour identifier l'anévrysme.
Méningite
Triade de Trousseau (céphalée + fièvre + raideur de nuque) présente dans seulement 44 % des cas, mais ≥ 2 signes parmi céphalée, fièvre, raideur de nuque, troubles de conscience dans 95 %. La conduite à tenir : hémocultures, antibiothérapie probabiliste IMMÉDIATE sans attendre la ponction lombaire si purpura fulminans ou troubles de conscience, puis TDM cérébral si signes focaux ou troubles de conscience avant ponction lombaire.
Maladie de Horton (artérite à cellules géantes)
À évoquer systématiquement chez tout patient > 50 ans présentant une céphalée récente. Sémiologie : céphalée temporale unilatérale, claudication de la mâchoire (très spécifique), hyperesthésie du cuir chevelu (« signe du peigne »), abolition du pouls temporal, AEG, syndrome inflammatoire biologique (VS > 50 mm, CRP élevée). L'urgence est ophtalmologique : risque de cécité par neuropathie optique ischémique antérieure aiguë. Traitement : corticothérapie en urgence (prednisone 1 mg/kg/j) sans attendre la biopsie d'artère temporale.
Particularités pédiatriques
Migraine de l'enfant : critères adaptés
Les critères ICHD-3 sont modifiés en pédiatrie sur deux points cruciaux :
- Durée : 2 à 72 heures (versus 4 à 72 h chez l'adulte) — les crises courtes sont fréquentes.
- Localisation : peut être bilatérale (frontale ou bitemporale) — la localisation strictement unilatérale est rare avant l'adolescence.
Syndromes périodiques de l'enfance
Considérés comme des « équivalents migraineux » et précurseurs de migraine à l'âge adulte :
- Vomissements cycliques : épisodes stéréotypés de vomissements intenses, séparés par des intervalles libres.
- Migraine abdominale : douleurs abdominales péri-ombilicales paroxystiques.
- Vertige paroxystique bénin de l'enfance.
- Torticolis paroxystique bénin du nourrisson.
Drapeaux rouges pédiatriques spécifiques
En plus des drapeaux rouges adultes, à connaître chez l'enfant : céphalée matinale avec vomissements (HTIC sur tumeur de fosse postérieure), modification du comportement, ralentissement scolaire récent, stagnation ou cassure de la courbe staturo-pondérale, troubles visuels (strabisme acquis, diplopie). L'IRM cérébrale est de rang A en cas de signes d'alerte chez l'enfant.
Démarche diagnostique structurée
Étape 1 : interrogatoire systématique
L'interrogatoire est le pilier du diagnostic. Structurer selon la grille suivante (à reproduire au QRP) :
- Mode d'installation : brutal (coup de tonnerre) vs progressif.
- Topographie : unilatérale, bilatérale, en casque, péri-orbitaire.
- Type : pulsatile, en étau, en éclair, en brûlure.
- Intensité : EVA, retentissement sur les activités.
- Durée : minutes, heures, jours, permanente.
- Fréquence : nombre de jours/mois.
- Horaire : matinal, en seconde partie de nuit, sans horaire préférentiel.
- Facteurs déclenchants et soulagement.
- Signes associés : digestifs, phono/photophobie, signes neurologiques, signes dysautonomiques.
- Antécédents : céphalée chronique connue (préciser le caractère habituel), pathologies, traitements (notamment contraception, anticoagulants, vasoconstricteurs, antalgiques).
- Histoire familiale : migraine, anévrysme cérébral, polykystose rénale.
Étape 2 : examen clinique
Examen neurologique complet (FNC, paires crâniennes, motricité, sensibilité, coordination, marche, réflexes), examen général (température, TA, FC, palpation des artères temporales chez > 50 ans), examen ophtalmologique (acuité visuelle, fond d'œil à la recherche d'un œdème papillaire), recherche d'un syndrome méningé.
Étape 3 : tri diagnostique
| Présentation | Orientation | Action |
|---|---|---|
| Céphalée brutale en coup de tonnerre | Urgence vasculaire | TDM cérébral immédiat ± PL |
| Céphalée fébrile + signes méningés | Méningite | Antibiothérapie probabiliste + PL |
| Céphalée + déficit focal | Lésion intracrânienne | Imagerie urgente (IRM > TDM) |
| Céphalée chronique stéréotypée, examen normal | Céphalée primaire | Diagnostic clinique selon ICHD-3 |
| Céphalée récente > 50 ans | Horton, tumeur | VS/CRP + imagerie |
Examens complémentaires : indications et limites
Imagerie cérébrale
La règle d'or de l'EDN : aucune imagerie n'est nécessaire en cas de céphalée primaire typique avec examen neurologique normal. Les indications d'imagerie sont les drapeaux rouges et les céphalées atypiques.
- TDM cérébral sans injection : examen de première ligne en urgence (suspicion HSA, traumatisme, contre-indication IRM). Disponibilité 24/7, rapidité.
- IRM cérébrale : examen de référence pour les céphalées chroniques atypiques, suspicion de tumeur, dissection artérielle, thrombose veineuse cérébrale. Séquences clés : T1, T2, FLAIR, diffusion, T2* (hémorragies anciennes), angio-MR veineuse et artérielle.
- Angio-TDM ou angiographie cérébrale conventionnelle : recherche d'anévrysme après HSA confirmée.
Ponction lombaire
Indications : suspicion de méningite, suspicion d'HSA avec TDM négatif, suspicion d'hypertension intracrânienne idiopathique (avec mesure de pression d'ouverture). Toujours après TDM si signes focaux ou troubles de conscience. Contre-indications : trouble de l'hémostase non corrigé, infection au site de ponction, HTIC avec risque d'engagement.
Biologie
NFS, CRP, VS systématiques chez le sujet > 50 ans avec céphalée récente (Horton). Ionogramme, calcémie, glycémie selon le contexte. Bilan de thrombophilie en cas de thrombose veineuse cérébrale chez le sujet jeune. β-HCG chez la femme en âge de procréer avant imagerie iodée.
Prise en charge : ce qu'il faut savoir pour l'EDN
Traitement de crise de la migraine
Stratégie en escalier thérapeutique :
- Première intention : AINS (ibuprofène 400-800 mg, kétoprofène, naproxène) ou aspirine 1000 mg ± métoclopramide 10 mg.
- Deuxième intention : triptans (sumatriptan, zolmitriptan, almotriptan, élétriptan, rizatriptan, naratriptan, frovatriptan). Délai d'action 30-60 min selon la voie. Contre-indications absolues : coronaropathie, AVC, AOMI, hypertension non contrôlée, migraine basilaire, migraine hémiplégique.
- Association triptan + AINS en cas d'échec d'un seul agent.
- Dérivés ergotés (DHE) : intérêt limité, contre-indications nombreuses, à connaître pour les QRM piège.
Règle d'utilisation : traitement précoce (dès le début de la crise), pas plus de 2 jours par semaine ou 8 prises par mois pour éviter la céphalée par abus médicamenteux.
Traitement de fond de la migraine (rang B mais utile)
Indications : ≥ 6-8 jours de migraine par mois, ou retentissement majeur sur la qualité de vie, ou consommation excessive de traitements de crise. Molécules de référence :
- Bêta-bloquants : propranolol, métoprolol (première intention).
- Antidépresseurs tricycliques : amitriptyline.
- Antiépileptiques : topiramate (CI grossesse, attention contraception), valproate (CI grossesse formelle).
- Antagonistes calciques : flunarizine.
- Anti-CGRP (érénumab, frémanezumab, galcanézumab) : nouvelle classe, place encore débattue, intéressants pour migraine chronique réfractaire.
- Toxine botulique (onabotulinumtoxinA) : indication AMM dans la migraine chronique.
Céphalée par abus médicamenteux
Critères ICHD-3 : céphalée présente ≥ 15 jours/mois chez un patient avec céphalée primaire préexistante, ET consommation régulière depuis > 3 mois de :
- Antalgiques simples ≥ 15 jours/mois, OU
- Triptans, opioïdes, dérivés ergotés ou associations ≥ 10 jours/mois.
Traitement : sevrage du médicament en cause, accompagné d'une mise en route ou optimisation d'un traitement de fond. Souvent évalué en QRP piège : le piège est de cocher « augmenter les triptans » alors qu'il faut les arrêter.
Traitement de l'AVF
Crise : sumatriptan sous-cutané 6 mg ou intranasal, oxygénothérapie à fort débit (12-15 L/min au masque haute concentration pendant 15-20 min). Traitement de fond de la période : vérapamil à doses progressives, corticothérapie courte en relais, lithium pour les formes chroniques.
Stratégie de révision optimale de l'item 100
Sciences cognitives appliquées à l'item 100
La littérature en sciences cognitives apporte trois leviers scientifiquement validés pour mémoriser durablement les critères ICHD-3 et les drapeaux rouges.
« Practicing retrieval enhances long-term retention more than additional study of the same material, an effect known as the testing effect. »
Le testing effect (Roediger 2006) : auto-tester ses connaissances par récupération active (flashcards, QRM, restitution écrite) produit une rétention 2 à 3 fois supérieure à la simple relecture. Pour l'item 100, cela signifie ne pas lire le référentiel CEN passivement, mais le tester sur soi-même immédiatement après chaque section.
Le spacing effect (Cepeda 2008) : étaler les révisions dans le temps (J+1, J+3, J+7, J+15, J+30) maximise la rétention. Concrètement, planifier 5 sessions courtes de 20 min étalées sur 1 mois est plus efficace que 5 sessions consécutives.
L'interleaving (Bjork) : alterner les types de céphalées (migraine puis HSA puis tension puis Horton puis algie vasculaire) plutôt que d'enchaîner toutes les migraines puis toutes les tensions améliore la discrimination diagnostique — exactement ce que demande l'EDN. Voir notre méthode LDCR (lecture-discrimination-consolidation-rétention) pour la révision EDN.
Plan de révision en 4 semaines
| Semaine | Objectif | Volume horaire | Évaluation |
|---|---|---|---|
| S1 | Lecture initiale + cartes mentales | 4 h | QRM basiques rang A |
| S2 | Maîtrise drapeaux rouges + critères ICHD-3 | 3 h | 20 QRM ciblés, score cible 80 % |
| S3 | Dossiers transversaux (migraine + contraception, HSA, Horton) | 3 h | 3 dossiers chronométrés |
| S4 | Révision active + interleaving | 2 h | Annales 2023-2024 |
Flashcards prioritaires
Les flashcards Anki ou équivalent doivent couvrir au minimum les 30 items suivants : les 10 drapeaux rouges, les 5 critères ICHD-3 de la migraine sans aura, les 4 caractéristiques C, les 2 signes associés D, les critères de l'aura, les caractéristiques de l'AVF, les caractéristiques de la tension, la triade de Trousseau, les seuils diagnostiques Horton, la définition de la céphalée par abus médicamenteux.
Erreurs fréquentes à éviter
Sur le plan diagnostique
- Confondre photophobie OU phonophobie avec le critère D de la migraine : ICHD-3 exige les deux ensemble (ou nausées/vomissements seuls).
- Diagnostiquer une migraine sans aura avant 5 crises : c'est un critère absolu, pas un critère relatif.
- Oublier de chercher la maladie de Horton chez tout patient > 50 ans : c'est le piège chronique du QRP gériatrique.
- Sous-estimer une céphalée brutale chez un patient migraineux connu : la migraine ne protège pas de l'HSA. Une céphalée inhabituelle chez un migraineux justifie la même démarche qu'un primo-événement.
- Confondre AVF et migraine sur l'unilatéralité : l'AVF est strictement péri-orbitaire avec signes dysautonomiques homolatéraux et agitation, la migraine est temporale/hémicrânienne avec calme.
Sur le plan thérapeutique
- Prescrire un triptan en cas de migraine basilaire ou hémiplégique : contre-indication absolue.
- Augmenter les antalgiques chez un patient en céphalée par abus médicamenteux : c'est le réflexe à inhiber, il faut sevrer.
- Oublier le risque vasculaire des œstroprogestatifs chez la migraineuse avec aura : contre-indication absolue.
- Prescrire des opioïdes au long cours dans une céphalée chronique : c'est pourvoyeur de céphalée par abus médicamenteux et n'a pas sa place dans le traitement de la migraine.
Sur le plan stratégique EDN
- Apprendre l'item 100 isolément : il tombe quasi-systématiquement en intégration avec contraception (item 35), AVC (item 340), méningite (item 151), traumatisme crânien (item 332).
- Négliger la pédiatrie : les particularités pédiatriques tombent en LCA et en QRP intégré gynéco-pédia.
- Ignorer les bases biostatistiques : les LCA sur la migraine (essais de triptans, prévalence) reposent sur des outils statistiques classiques (RR, OR, NNT) qu'il faut maîtriser indépendamment.
Outils et ressources autoritaires
Référentiels officiels
- Collège des Enseignants de Neurologie (CEN) — référentiel R2C officiel, mises à jour annuelles.
- ICHD-3 (International Classification of Headache Disorders, 3e édition) — texte de référence international.
- Haute Autorité de Santé (HAS) — recommandations sur la prise en charge de la migraine (mise à jour 2021).
- Société Française d'Étude des Migraines et Céphalées (SFEMC) — recommandations nationales.
Sources épidémiologiques
- INSERM — Dossier Migraine.
- Santé Publique France — données épidémiologiques nationales.
- Wikipédia FR — Céphalée (introduction et bibliographie).
Outils de révision EDN
- Fiche synthèse ICHD-3 pour l'EDN.
- Item 97 — Paralysie faciale et item 100 : différentiels neurologiques.
- Planification globale de la préparation EDN 2026.
- Méthode LDCR appliquée à la neurologie.
Littérature scientifique fondatrice
- Roediger HL, Karpicke JD. Test-enhanced learning: taking memory tests improves long-term retention. Psychological Science. 2006;17(3):249-255.
- Cepeda NJ, Vul E, Rohrer D, Wixted JT, Pashler H. Spacing effects in learning: a temporal ridgeline of optimal retention. Psychological Science. 2008;19(11):1095-1102.
- Bjork RA, Bjork EL. A new theory of disuse and an old theory of stimulus fluctuation. In: From Learning Processes to Cognitive Processes. 1992.
- Headache Classification Committee of the International Headache Society. The International Classification of Headache Disorders, 3rd edition. Cephalalgia. 2018;38(1):1-211.
Questions fréquentes
Q1. Quels sont les drapeaux rouges absolus d'une céphalée ?
Les 10 drapeaux rouges majeurs sont : céphalée brutale en coup de tonnerre, céphalée récente après 50 ans, fièvre avec raideur de nuque, signes neurologiques focaux, œdème papillaire, aggravation par Valsalva, céphalée matinale progressive, modification du caractère habituel d'une céphalée chronique, terrain immunodéprimé, grossesse ou post-partum. Tout drapeau rouge impose une imagerie cérébrale en urgence.
Q2. Quels sont les critères ICHD-3 de la migraine sans aura ?
≥ 5 crises de 4-72 h, avec au moins 2 caractéristiques sur 4 (unilatérale, pulsatile, modérée-sévère, aggravée par l'effort) et au moins 1 signe associé sur 2 (nausées/vomissements, ou photophobie ET phonophobie). Mnémotechnique : 5-4-72-2-1.
Q3. Comment différencier une aura migraineuse d'un AIT ?
L'aura migraineuse s'installe progressivement (5 min ou plus), dure 5-60 min, comporte des symptômes positifs (scotome scintillant) et une marche topographique, et est suivie d'une céphalée. L'AIT s'installe brutalement, dure moins de 24 h, comporte un déficit pur sans symptômes positifs, et n'est généralement pas suivi de céphalée. Le terrain oriente également : sujet jeune avec antécédents migraineux pour l'aura, sujet âgé avec FRCV pour l'AIT.
Q4. Quelle imagerie réaliser en urgence devant une céphalée brutale ?
TDM cérébral sans injection en première intention. Si négatif et suspicion d'HSA forte, ponction lombaire à la recherche d'une xanthochromie. Si HSA confirmée, angio-TDM ou angiographie cérébrale pour rechercher un anévrysme.
Q5. Quels sont les signes d'une algie vasculaire de la face ?
Douleur strictement unilatérale péri-orbitaire d'intensité extrême, durée 15-180 min, fréquence 1-8 crises/jour regroupées en périodes de 4-12 semaines, signes dysautonomiques homolatéraux (larmoiement, injection conjonctivale, rhinorrhée, ptosis, myosis), agitation pendant la crise. Terrain typique : homme jeune tabagique.
Q6. Une migraineuse peut-elle prendre la pilule œstroprogestative ?
La migraine avec aura est une contre-indication absolue aux œstroprogestatifs (risque d'AVC ischémique multiplié par 8). La migraine sans aura n'est pas une contre-indication formelle, mais la balance bénéfice-risque doit être évaluée en présence d'autres FRCV. Les contraceptions progestatives pures ou non hormonales sont à privilégier en cas de doute.
Q7. Qu'est-ce que la céphalée par abus médicamenteux ?
Céphalée présente ≥ 15 jours/mois chez un patient avec céphalée primaire, et consommation depuis > 3 mois d'antalgiques simples ≥ 15 jours/mois ou de triptans/opioïdes/dérivés ergotés ≥ 10 jours/mois. Le traitement est le sevrage du médicament en cause, associé à la mise en route d'un traitement de fond.
Q8. Quelles particularités de la migraine chez l'enfant ?
Durée plus courte (2-72 h versus 4-72 h chez l'adulte), localisation pouvant être bilatérale (frontale ou bitemporale), syndromes périodiques précurseurs (vomissements cycliques, migraine abdominale, vertige paroxystique bénin, torticolis paroxystique du nourrisson). Les drapeaux rouges spécifiques incluent la céphalée matinale avec vomissements et la cassure de la courbe staturo-pondérale.
Q9. Quand suspecter une maladie de Horton ?
Chez tout patient > 50 ans présentant une céphalée récente, particulièrement temporale et unilatérale, avec claudication de la mâchoire, hyperesthésie du cuir chevelu, AEG, syndrome inflammatoire biologique (VS > 50 mm, CRP élevée). La corticothérapie doit être initiée en urgence sans attendre la biopsie d'artère temporale en raison du risque de cécité.
Q10. Quel est le meilleur traitement de crise de la migraine ?
En première intention, AINS (ibuprofène 400-800 mg, kétoprofène, naproxène) ou aspirine 1000 mg, idéalement associés à un antiémétique (métoclopramide). En seconde intention ou d'emblée pour les crises sévères, triptans (sumatriptan, zolmitriptan, etc.). L'association triptan + AINS peut être proposée en cas d'échec d'un seul agent. La prise doit être précoce et limitée à 2 jours par semaine pour éviter la céphalée par abus médicamenteux.
Conclusion et étapes suivantes
L'item 100 est, statistiquement, l'un des trois items les plus rentables du pôle neurologie de l'EDN. Sa logique repose sur trois piliers stables : la classification ICHD-3, les drapeaux rouges, et la démarche diagnostique structurée (interrogatoire → examen → tri primaire/secondaire). Une fois ces trois piliers consolidés via les méthodes du testing effect, du spacing et de l'interleaving, l'item devient un point de rang A acquis pour toute la durée de la préparation.
Vos trois prochaines actions concrètes :
- Imprimer la table des critères ICHD-3 de cet article et la coller au-dessus de votre bureau de révision pendant 30 jours.
- Réaliser dès cette semaine 20 QRM ciblés sur drapeaux rouges et critères ICHD-3 — voir notre générateur de QRM item 100.
- Programmer 4 sessions de 30 min sur les 4 prochaines semaines avec réactivation espacée (J+1, J+3, J+7, J+15).
Pour aller plus loin dans la préparation neurologique, consultez notre stratégie de révision globale du pôle neurologie R2C et notre programmation complète de la préparation EDN 2026.
Article éducatif destiné à la préparation des EDN. Ne constitue en aucun cas un avis médical. Pour toute question clinique, consultez un médecin.