Le rang limite EDN est devenu, depuis la réforme R2C, l'indicateur central qui détermine l'accès à chaque couple spécialité-ville pour les futurs internes. En 2026, sur près de 9 200 candidats classés à l'épreuve dématérialisée nationale, seuls les 1 000 premiers décrochent réellement la spécialité prioritaire de leur choix. Cet article compile les rangs limites publiés par le CNG pour les 44 spécialités médicales, analyse leur évolution depuis la promotion 2023 et donne une méthode concrète pour positionner ses choix. Mise à jour 30 mai 2026, après publication des affectations officielles 2025-2026.
Le rang limite EDN désigne le dernier rang de classement national auquel un candidat a été affecté sur un couple spécialité-subdivision donné lors de la procédure d'affectation amphi. Concrètement, si le dernier rang affecté en cardiologie à Lyon est 1 412, cela signifie que le 1 412ᵉ étudiant du classement national qui a fait ce vœu en premier choix l'a obtenu, et que le 1 413ᵉ ne l'a pas eu. Ce chiffre, publié chaque automne par le Centre national de gestion (CNG), constitue la donnée la plus fiable pour évaluer la sélectivité réelle d'un projet médical.
Depuis l'entrée en vigueur de la réforme du deuxième cycle (R2C) en 2022, le classement national repose désormais sur trois composantes : les épreuves dématérialisées nationales (EDN) qui pèsent pour 60 %, les ECOS pour 30 % et le parcours individualisé pour 10 %. Cette pondération a profondément modifié la hiérarchie des spécialités. En 2023, première promotion R2C, environ 9 050 étudiants ont été classés pour 8 974 postes ouverts ; en 2024, 9 184 classés pour 9 102 postes ; en 2025, 9 287 classés pour 9 156 postes. La quasi-totalité des candidats obtient donc un poste, mais la dispersion entre spécialités est immense.
Le ministère de la Santé fixe chaque année par arrêté le nombre de postes ouverts par spécialité et par subdivision. En 2026, 44 spécialités sont proposées dont la médecine générale qui concentre à elle seule 3 614 postes, soit près de 40 % de l'offre. Les autres spécialités se partagent les 5 500 postes restants, avec des écarts considérables : 22 postes seulement en médecine légale, 1 211 en pédiatrie. Cette répartition explique pourquoi le rang limite n'a aucun sens hors de son contexte de spécialité et de ville.
Lire correctement un rang limite EDN exige de croiser trois informations : la spécialité, la subdivision territoriale et l'année de référence. Un même rang peut signifier une chose et son contraire selon le contexte. Décrocher la 2 000ᵉ place avec un vœu d'ophtalmologie à Paris est un échec assuré, mais c'est largement suffisant pour obtenir la cardiologie à Limoges ou la pédiatrie à Brest. La méthodologie de lecture conditionne donc toute la stratégie de classement.
Le système d'affectation repose sur les couples, c'est-à-dire l'association d'une spécialité et d'une subdivision parmi les 28 que compte le territoire français (Outre-mer inclus). Chaque candidat formule une liste ordonnée de vœux sur la plateforme nationale de pré-choix puis confirme son choix en amphi de garnison. L'algorithme attribue à chaque étudiant le couple le mieux placé dans sa liste qui n'est pas encore saturé. Le rang limite d'un couple correspond donc au dernier rang affecté sur ce couple précis, et il est public dès la clôture de la procédure.
Un rang limite isolé n'a qu'une valeur indicative. La règle d'or est de calculer la moyenne mobile sur les trois dernières promotions et d'ajouter une marge de sécurité d'environ 10 à 15 %. Si la dermatologie à Bordeaux affichait des rangs limites de 920, 1 040 et 980 sur les promotions 2023, 2024 et 2025, la moyenne est de 980 et la cible de sécurité tombe à 833. Cela signifie qu'il faut viser au minimum le 833ᵉ rang pour considérer ce couple comme raisonnablement accessible. Cette méthode protège contre les variations conjoncturelles, notamment celles liées à l'évolution du nombre de postes ouverts.
Le tableau ci-dessous présente les rangs limites moyens nationaux observés en 2025-2026 pour les spécialités les plus consultées, ainsi que leur évolution depuis la promotion R2C 2023. Les chiffres correspondent au dernier rang affecté en CHU parisien ou lyonnais, considéré comme le couple le plus tendu de chaque spécialité.
| Spécialité | Rang limite 2023 | Rang limite 2025 | Postes ouverts 2026 | Évolution 3 ans |
|---|---|---|---|---|
| Ophtalmologie | 1 040 | 850 | 168 | -18,3 % |
| Dermatologie | 1 180 | 980 | 110 | -16,9 % |
| Radiologie | 1 920 | 1 610 | 356 | -16,1 % |
| Cardiologie | 2 240 | 1 980 | 286 | -11,6 % |
| Anesthésie-réanimation | 3 620 | 3 280 | 506 | -9,4 % |
| Chirurgie plastique | 1 380 | 1 220 | 54 | -11,6 % |
| Pédiatrie | 4 410 | 4 180 | 442 | -5,2 % |
| Gynécologie médicale | 2 850 | 2 640 | 96 | -7,4 % |
| Médecine d'urgence | 5 940 | 6 220 | 508 | +4,7 % |
| Psychiatrie | 7 110 | 7 480 | 588 | +5,2 % |
| Médecine générale | 8 920 | 9 180 | 3 614 | +2,9 % |
| Médecine du travail | 9 050 | 9 287 | 72 | +2,6 % |
Trois lectures émergent de ce tableau. D'abord, les spécialités historiquement prestigieuses se durcissent : ophtalmologie, dermatologie et radiologie ont vu leur rang limite chuter de plus de 16 %, traduisant une concurrence accrue parmi les meilleurs classés. Ensuite, la médecine d'urgence et la psychiatrie remontent, signe d'une revalorisation perçue de ces parcours. Enfin, médecine du travail et médecine générale en zones rurales restent ouvertes jusqu'au dernier rang affecté, confirmant un déficit structurel d'attractivité.
La première erreur, la plus répandue, consiste à raisonner sur la moyenne nationale d'une spécialité. Or, le rang limite est un indicateur de couple, pas de spécialité. Choisir « la cardiologie » sans préciser la ville n'a aucun sens opérationnel : le rang limite varie de 1 980 à Paris à plus de 7 200 à Amiens pour la même discipline. Le second piège classique est de surestimer la stabilité interannuelle. Une spécialité peut voir son rang limite varier de plusieurs centaines de rangs d'une année à l'autre, en fonction du nombre de postes ouverts, des effets de mode ou des modifications du parcours individualisé.
Troisième erreur fréquente : confondre rang limite et rang du dernier vœu obtenu. Le rang limite officiel CNG porte sur le premier vœu obtenu lors de l'affectation. Certains forums étudiants publient des chiffres qui agrègent tous les vœux, ce qui gonfle artificiellement les seuils. Enfin, beaucoup d'externes négligent l'impact croissant des ECOS dans la note finale. Depuis la promotion 2024, les ECOS pèsent 30 % du classement, ce qui peut faire basculer un dossier de plus de 800 rangs selon les performances. Préparer uniquement les EDN écrites est une stratégie dépassée.
Pour préparer efficacement son projet de spécialisation, trois ressources sont incontournables. Le site du CNG publie chaque année en novembre la liste exhaustive des rangs limites par couple, disponible en téléchargement libre. Le portail du Ministère de la Santé met à disposition les arrêtés d'ouverture de postes avec ventilation par subdivision. Enfin, les outils numériques de simulation permettent de croiser ces données avec son rang prévisionnel issu des concours blancs.
Ask Amélie intègre nativement ces données officielles dans son simulateur de classement EDN. À partir de tes résultats aux concours blancs et de ta progression mesurée sur les annales EDN corrigées, l'outil estime ton rang probable et calcule la probabilité d'affectation sur chaque couple. Il intègre aussi un simulateur ECOS basé sur les grilles officielles 2026 et un module dédié au parcours individualisé, troisième pilier souvent sous-estimé du classement.
Pour aller plus loin, consulte aussi notre guide sur les stratégies de choix de spécialité et l'analyse des subdivisions les plus attractives, qui croisent qualité de formation, coût de la vie et débouchés post-internat.
« Le rang ne fait pas le projet. Un étudiant qui se classe 4 500ᵉ mais qui sait précisément ce qu'il veut bâtira un parcours plus solide qu'un top 500 qui choisit par défaut la spécialité la mieux classée. »
En 2026, la spécialité avec le rang limite le plus bas (donc la plus sélective) reste l'ophtalmologie en Île-de-France, dernier rang affecté autour de 850 sur près de 9 200 candidats classés. Le top 10 % des étudiants se partage les couples ville-spécialité les plus prisés : ophtalmologie, dermatologie, cardiologie et radiologie en CHU parisiens et lyonnais. À l'inverse, certaines subdivisions de médecine générale en Outre-mer ou en zone rurale restent ouvertes jusqu'au dernier rang affectable.
Depuis la première promotion R2C en 2023, les rangs limites ont connu une recomposition profonde. Les spécialités historiquement tendues (dermatologie, ophtalmologie, radiologie) ont vu leurs seuils baisser de 100 à 300 rangs en moyenne, signe d'une concurrence accrue. La médecine générale a au contraire vu son rang limite reculer de plus de 800 places dans certaines subdivisions, conséquence directe de l'augmentation du numerus apertus et de la création des FST.
Pour viser un top 5 spécialité-ville en 2026, il faut se classer dans les 1 000 premiers du concours EDN, soit environ les 11 % supérieurs. Cela correspond à une note moyenne au-dessus de 16,5/20 sur les épreuves dématérialisées et un score ECOS d'au moins 14/20. Le différentiel se joue de plus en plus sur les ECOS qui comptent pour 30 % de la note finale depuis la promotion 2024.
Non, le rang limite EDN varie fortement selon la subdivision territoriale. Une même spécialité peut afficher un dernier rang de 1 200 à Paris et de 6 500 à Amiens ou Brest. C'est la combinaison spécialité + ville (le « couple ») qui constitue le véritable indicateur. Le CNG publie chaque année après les affectations la liste complète des derniers rangs par couple, document de référence pour préparer ses choix.
Les spécialités qui restent ouvertes jusqu'aux derniers rangs en 2026 sont principalement la médecine du travail, la santé publique, la gériatrie, la biologie médicale et la médecine générale dans certaines subdivisions rurales. Leurs rangs limites dépassent souvent 7 500 voire restent non pourvus, traduisant un déficit d'attractivité que les autorités tentent de corriger via des incitations financières et des assouplissements de FST.
Les rangs limites historiques servent à estimer la faisabilité d'un projet, pas à le verrouiller. La méthode consiste à isoler la moyenne mobile sur trois ans du couple visé, ajouter une marge de sécurité de 10 à 15 % et croiser avec son rang prévisionnel issu des concours blancs. Les outils comme Ask Amélie automatisent ce calcul à partir des données CNG officielles et permettent de simuler plusieurs scénarios d'affectation.
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