Préparer la médecine à l'UNIL Lausanne : guide complet 2026
Mis à jour le 5 juin 2026 — temps de lecture : ~10 minutes.
Entrer en médecine à l'Université de Lausanne ne fonctionne pas comme à Paris, Bruxelles ou Zurich. Pas d'EMS, pas de PASS/LAS, pas de tirage au sort : à l'UNIL, la sélection se joue au terme de la première année de Bachelor (BMed1), via l'examen de propédeutique. Ce guide explique le système, la méthodologie qui fonctionne réellement, les ressources officielles à consulter, et ce qui change par rapport au cursus français.
Le système des études de médecine en Suisse romande
Les études de médecine humaine en Suisse suivent une architecture commune fixée par l'Office fédéral de la santé publique (OFSP) et la Commission des professions médicales (MEBEKO) :
- Bachelor en médecine (BMed) — 3 ans, 180 crédits ECTS.
- Master en médecine (MMed) — 3 ans, 180 crédits ECTS.
- Examen fédéral de médecine humaine — épreuve nationale unique, condition d'accès au diplôme fédéral.
- Formation postgraduée FMH — 3 à 6 ans supervisés par l'Institut suisse pour la formation médicale postgraduée et continue (ISFM/SIWF).
L'UNIL délivre le Bachelor et le Master en médecine humaine. La Faculté de biologie et de médecine (FBM) coordonne le cursus avec le CHUV (Centre hospitalier universitaire vaudois) pour la partie clinique, dès la troisième année.
Ce qu'il faut retenir : les six années sont nationales dans leur cadre légal (loi sur les professions médicales LPMéd), mais l'organisation et la sélection sont propres à chaque université. Le titre fédéral, lui, est identique partout.
La sélection à l'UNIL : examen de propédeutique vs EMS
Pourquoi pas d'EMS à Lausanne ?
L'Eignungstest für das Medizinstudium (EMS), ou test d'aptitude aux études de médecine, est organisé par swissuniversities pour les universités alémaniques et italophones : Berne, Bâle, Zurich, Fribourg (filière allemande), Lucerne et l'USI Lugano. Il filtre en amont, avant inscription, parce que ces universités appliquent un numerus clausus à l'entrée.
L'UNIL Lausanne et l'UNIGE Genève ont historiquement choisi un modèle différent : inscription libre en BMed1, puis sélection sur les résultats académiques de fin d'année. C'est ce qu'on appelle dans le jargon étudiant « le concours » — bien qu'il s'agisse en réalité d'un examen propédeutique avec note seuil.
Comment fonctionne l'examen de propédeutique
À l'issue de la BMed1, l'étudiant passe une série d'examens portant sur l'ensemble des modules de l'année. Pour pouvoir continuer en BMed2, il faut atteindre :
- Une moyenne pondérée ≥ 4.0 sur l'ensemble des modules.
- Pas plus d'un module en échec grave (note < 3.0 selon les règlements en vigueur).
Une session de rattrapage est organisée en août/septembre. En cas d'échec définitif après rattrapage, l'étudiant peut redoubler une fois la BMed1. Un second échec ferme l'accès à toute filière médicale en Suisse (règle commune nationale, conformément à la directive de swissuniversities).
Important : les règlements évoluent. Consultez systématiquement le règlement d'études en vigueur sur le site de la FBM avant de planifier votre année.
Le contingentement pour les non-résidents
Depuis l'augmentation des capacités d'accueil financée par la Confédération, les universités romandes pratiquent un contingent restrictif pour les étudiants étrangers non résidents en Suisse. Si vos parents ne sont pas domiciliés fiscalement en Suisse ou si vous n'avez pas effectué votre scolarité secondaire en Suisse, l'accès est très limité. Vérifiez votre statut auprès du Service des immatriculations et inscriptions de l'UNIL avant toute démarche.
Méthodologie spécifique à la BMed1
Anticiper la volumétrie, pas la difficulté
La difficulté individuelle des matières n'est pas extrême : un bon bachelier scientifique français ou suisse romand a les bases. Le piège, c'est le volume cumulé sur deux semestres avec une seule session d'examen majeure. Beaucoup d'étudiants se font surprendre en mars en réalisant qu'ils ont accumulé du retard sur quatre matières simultanément.
Concrètement : à partir de la deuxième semaine de cours, fixez un rythme de révision hebdomadaire glissant sur les modules les plus volumiques (biologie cellulaire, anatomie, biochimie). Un retard de deux semaines en novembre devient ingérable en mai.
Hiérarchiser les blocs selon leur poids ECTS
Tous les modules ne pèsent pas le même nombre de crédits. La biologie cellulaire et moléculaire, la chimie et la physique médicale représentent une part importante de la moyenne pondérée et concentrent l'essentiel des échecs. L'anatomie macroscopique et l'histologie demandent du temps mais sont prévisibles : les annales tournent.
Investissez votre temps proportionnellement aux ECTS, pas à votre confort intellectuel.
QCM, ROC et examens à développement
Le format dominant à l'UNIL est le QCM à correction négative sur certains modules — vérifiez le règlement de chaque module car les modalités changent. Quelques épreuves comportent des questions à réponse ouverte courte (ROC) ou des cas cliniques en fin d'année.
Stratégie concrète :
- S'entraîner sur des QCM dès octobre, pas en mai. Les associations d'étudiants (AEML pour Lausanne) diffusent des banques de questions.
- Comprendre la pondération négative avant de répondre au hasard : un mauvais paramétrage de stratégie coûte facilement 5 % de moyenne.
- Travailler en binôme sur les cas cliniques : verbaliser oblige à structurer.
Le piège du polycopié exhaustif
Les enseignants distribuent des supports denses, parfois 1 500 pages cumulées. Vouloir tout réciter mot pour mot est une stratégie perdante. Privilégiez :
- Les objectifs pédagogiques listés en début de module (ils sont l'os de l'examen).
- Les fiches de synthèse personnelles issues de vos propres notes, pas téléchargées.
- La répétition espacée (Anki, RemNote) pour la biochimie et la pharmacologie de base.
Pour aller plus loin sur la méthodologie de mémorisation, consultez notre guide complet de préparation médecine.
Ressources officielles UNIL et fédérales
Évitez les forums non vérifiés en début d'année — les informations réglementaires évoluent. Sources fiables :
- Faculté de biologie et de médecine UNIL — règlements, plans d'études, calendriers d'examens.
- Service des immatriculations UNIL — conditions d'admission, contingent non-résidents, équivalences de diplômes.
- swissuniversities — études de médecine — coordination nationale, statistiques d'admission, régles communes.
- OFSP — Professions médicales universitaires — cadre légal LPMéd et examen fédéral.
- MEBEKO (Commission des professions médicales) — reconnaissance des diplômes étrangers, examen fédéral.
- ISFM/SIWF (FMH) — formation postgraduée et titres de spécialiste.
- AEML — Association des étudiants en médecine de Lausanne (annales, soutien entre pairs).
- BiUM (Bibliothèque universitaire de médecine, CHUV) — accès aux manuels de référence et bases de données.
Conservez un signet vers le règlement d'études en vigueur de votre cohorte : c'est le seul document qui fait foi en cas de litige sur la validation des crédits.
Comparaison avec le système français (PASS/LAS, EDN)
| Critère | UNIL Lausanne (CH) | France (PASS/LAS) |
|---|---|---|
| Mode de sélection | Examen de propédeutique fin BMed1 | Classement PASS/LAS en fin de L1 |
| Critère de réussite | Moyenne ≥ 4.0 / 6 (note absolue) | Rang en numerus apertus (relatif) |
| Redoublement | 1 fois max (national CH) | Pas de redoublement PASS, possible via LAS |
| Durée totale du cursus | 6 ans (3 BMed + 3 MMed) + postgrade | 6 ans (DFGSM + DFASM) + internat |
| Examen national de sortie | Examen fédéral (MEBEKO) | EDN (Examen Dématérialisé National) |
| Choix de spécialité | Candidature directe auprès des hôpitaux formateurs | Classement EDN + appariement |
Différence majeure de philosophie : la France classe les candidats les uns contre les autres (sélection relative), la Suisse fixe une note absolue à atteindre. Cela change profondément la psychologie de l'année : on travaille contre un seuil, pas contre ses camarades. Les groupes d'étude collaboratifs sont donc beaucoup plus répandus à l'UNIL qu'en PASS.
Autre différence : l'examen fédéral suisse joue le rôle de validation finale et d'autorisation de pratique, mais ne classe pas pour la spécialité. Le choix de spécialité passe par une candidature classique auprès des hôpitaux formateurs, ce qui rend la note d'examen fédéral moins déterminante que celle de l'EDN français.
Pour les étudiants français qui envisagent un retour ou qui veulent comprendre le système d'origine, nous publions aussi des analyses sur les items EDN les plus tombés et les annales EDN 2025 corrigées.
FAQ — Médecine à l'UNIL Lausanne
Faut-il passer l'EMS pour entrer en médecine à l'UNIL ?
Non. L'UNIL Lausanne (comme l'UNIGE) n'utilise pas l'EMS. La sélection se fait à la fin de la première année de Bachelor via l'examen de propédeutique. L'EMS reste obligatoire pour les universités alémaniques (Berne, Bâle, Zurich, Fribourg en allemand, Lucerne) et l'USI Lugano.
Quel est le taux de réussite en BMed1 à Lausanne ?
Il varie selon les années, mais oscille historiquement entre 40 % et 55 % des étudiants présentant l'examen de propédeutique en première session. Avec la session de rattrapage et les redoublants, le taux d'admission en BMed2 est plus élevé. Consultez les statistiques officielles publiées par la FBM pour l'année en cours.
Un bachelier français peut-il s'inscrire directement à l'UNIL en médecine ?
Oui sur le principe, mais avec deux restrictions importantes : les facultés suisses appliquent un contingent strict pour les non-résidents, et les étudiants étrangers peuvent être soumis à un numerus clausus spécifique. Le baccalauréat français est reconnu, mais le statut de résidence du candidat ou de ses parents en Suisse est déterminant. Vérifiez les conditions auprès du Service des immatriculations de l'UNIL avant tout projet.
Quelles matières sont les plus discriminantes en BMed1 ?
La biologie cellulaire et moléculaire, la chimie générale et organique, ainsi que la physique médicale sont les blocs où la sélection est la plus marquée. L'anatomie et l'histologie demandent un travail régulier mais sont plus prévisibles. Les compétences cliniques de base et les sciences humaines pèsent moins en pondération.
Combien d'années dure le cursus médical complet en Suisse ?
Six ans : trois ans de Bachelor (BMed) puis trois ans de Master (MMed), sanctionnés par l'examen fédéral organisé par l'OFSP et la MEBEKO. Vient ensuite la formation postgraduée (3 à 6 ans selon la spécialité) supervisée par l'ISFM/SIWF pour obtenir le titre de spécialiste FMH.
Besoin d'un coup de main au quotidien ?
La BMed1 ne se gagne pas en mai, elle se gagne en accumulant 200 micro-décisions correctes entre octobre et avril : quelle notion retravailler ce soir, quel QCM mal compris reprendre, quel mécanisme biochimique vraiment digérer.
Tuteur IA médecine 24/7 dans tes DM →
Amélie répond à tes questions de cours, t'aide à reformuler les concepts difficiles et te génère des QCM ciblés sur tes points faibles. Gratuit pour tester.